Arras Films Festival 2018 : Denis Do, La mémoire à fleur de peau.

Aujourd’hui le festival d’Arras accueille Denis Do , réalisateur de Funan, qui a accordé une interview pour nous parler de son film.
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Quand on lui demande ce qui a inspiré son film, Denis Do nous répond que c’est avant tout une histoire familiale. Il nous raconte comment enfant il a pour la première fois entendu parler des Khmers rouges pendant les repas de famille et l’aspect démoniaque qu’ils avaient pour lui.
Plus tard, il ira au Cambodge, ce qui n’était que des ombres pour lui prendra alors un véritable sens. Denis Do nous explique la nécessité de produire, d’expliquer et de concevoir qui émerge de cette prise de conscience.
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C’est alors qu’il se lance dans le grand projet: Funan. L’usage de l’animation, surprenant pour le spectateur, ne l’est pas autant pour le réalisateur. Même si celui ci estime que le maniement de l’animation devrait pouvoir se passer de justification, il évoque deux choses qui lui ont été permises par cette technique : casser et mettre des barrières.
En effet, l’utilisation du dessin lui a permis d’éviter une représentation faussée de l’histoire familiale qui aurait été le cas  si on avait donné des visages d’acteurs à ses membres. Mais aussi de permettre une identification au traumatisme dépassant le cadre de l’appartenance culturelle.
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Le dessin lui permet de suggérer la violence, de remettre le son sur le devant de la scène en se détachant de l’image et de jouer avec les symboles. Nous noterons par exemple la place du vent, outil de l’intimité et témoin de la vérité des espaces, des mouvements.
Pour Denis Do , « l’art c’est ce que le monde fait de mieux » .
Son film est, selon lui, une porte entrouverte à la reconnaissance d’un parcours humain qui invite à la réflexion des spectateurs. Le réalisateur fait le pari de mêler mémoire, histoire et hommage en 1h25 de film et selon nous, c’est une brillante réussite !
Julie Marty et Antoine Groch
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