Arras Film Festival 2018 : Asphalte en Ciné-concert

Il n’est pas nécessaire de se poser de questions… il vous suffit juste de rentrer dans la chapelle du conservatoire d’Arras.  Arriver en retard n’est pas non plus une contrainte. Il faut se taire, et le noir opère.

asphalte_affiche

Une femme fatale, un policier loyal, un amour impossible, le scénario peut paraître banal et pourtant… le charme de ce film réside dans sa difficulté son approche des scènes, des plans ainsi que du son, amené par un silence plombant. Précisons qu’il s’agit d’un ciné concert. Ressentir une musique et ses vibrations, tout en tentant vainement de digérer chaque scène. Un exercice d’une difficulté inouïe et d’une beauté dont les adjectifs se taisent.

asphalte_02

Une fois frappé par la beauté de l’actrice et la confrontation des sentiments du policier, on ne s’attend pas à vivre un film dont la tournure devient dramatique. On ouvre alors la bouche bêtement pour la fermer seulement lorsque l’écran devient noir ; la joue n’est pas rouge mais la claque est là.

asphalte_01

Une seconde surprise nous prend et débarque de derrière l’écran de la chapelle. Les musiciens qui faisaient vibrer la salle, trompaient le silence et le mutisme. Dans la beauté du geste, jouaient sans relâche depuis une heure et demie et qui n’avaient guère plus de 20 ans. Accompagnés au piano par Jacques Camblant, ils étaient une seconde claque…

Et deux claques c’est violent. Mais c’est toujours bon de s’en prendre au cinéma.

par Julien Gouesmat, ESJ et Macha Ogransky, ESJ