Arras Film Festival 2018 : rencontre avec le réalisateur Pawel Maslona

Comme chaque année depuis sa dixième édition, l’Arras Film Festival met en compétition plusieurs films venus des quatre coins de l’Europe. Panic Attack, un film polonais à la fois drôle et dérangeant, figure dans la liste des concurrents de cette année. Nous sommes allées à la rencontre de son réalisateur, Pawel Maslona, qui a accepté de répondre à quelques-unes de nos questions. 

 

Comment vous est venue l’idée d’écrire ce scénario ?

Les deux amis avec qui j’ai écrit ce film sont un jour venus me voir, tout juste sortis de l’école de théâtre, pour me proposer une histoire, qui prendrait place en Italie et parlerait de la crise des déchets. L’idée m’a beaucoup plu, mais il s’est avéré impossible de tourner en Italie, et nous avons tout d’abord eu l’idée de modifier le script pour placer notre histoire en Pologne. Finalement, nous avons dû réécrire entièrement le scénario, et c’est de là qu’est né Panic Attack.

 

Pourquoi avoir mis en parallèle 5 histoires différentes dans le film ? Quel est le lien entre elles ?

Je n’avais pas une unique idée d’histoire qui aurait pu occuper tout le film, j’en avais plusieurs. Alors, j’ai décidé de toutes les garder pour qu’elles évoluent ensemble. C’est une nouvelle sorte de narration, raconter des mots plutôt que raconter une histoire.                      

La plupart de ces histoires possède un lien dans le temps. Ainsi, un premier récit peut présenter l’action d’un personnage, et un second ses conséquences. C’est comme cela que nous essayons de combiner les personnages entre eux, pour minimiser la quantité de coïncidences dans le film.

 

Quel message vouliez-vous transmettre à travers ce film ?

Je voulais que le public ressente une sorte de panique, tout en s’amusant au visionnage. C’est une expérience intéressante, et j’espère avoir réussi à relever le défi.

 

Le climat de panique du film est-il un écho à l’ambiance actuelle de la Pologne ?

Oui, mais je pense qu’il reflète surtout l’actuelle tension dans le monde, pas seulement en Pologne. Nous vivons tous dans une époque sous tension, comme si quelque chose de mal pouvait arriver à tout moment. Alors oui, je pense que le film est un écho au climat actuel de la planète.

                                                    

A quel public ce film s’adresse-t-il ?

Ce n’est pas un film pour enfants, c’est certain. Mais si j’avais eu 12 ans aujourd’hui, je sais que j’aurais voulu voir ce film, parce que les enfants sont toujours attirés par ce qui leur est interdit. Néanmoins, je ne conseille pas ce film au jeune public.

 

Qu’avez-vous ressenti lorsque vous avez su que votre film serait diffusé en France ?

Chaque pays dans lequel ce film est regardé est une très bonne utilisation. Tu fais toujours des films pour qu’ils soient vus par le plus de monde possible, et c’est encore mieux s’ils peuvent dépasser les frontières de ton pays, comme ici la France. C’est très intéressant de se confronter à une autre nationalité, de réaliser ce que nous avons ou non en commun. Le cinéma est un excellent moyen de se rendre compte que différentes cultures peuvent se ressembler beaucoup plus qu’on ne le pense.

 

Pensez-vous que votre film est capable de gagner la compétition ?

Je ne suis pas là pour promouvoir mon film, je suis là pour vous rencontrer vous. Je ne sais pas vraiment comment vous répondre, je ne peux pas me permettre de vous dire que mon film est meilleur que les autres.

 

D’après vous, qu’est-ce qui différencie ce film des autres ?

Ce film est assez personnel sur certains points, il reflète qui je suis, et quel genre de cinéma je veux créer. Je pense qu’il en raconte beaucoup sur moi, et j’espère que le public ressentira l’implication que j’ai investie dans le scénario, et qu’il l’appréciera.

 

Par Flora Klich et Clémence Martin