Arras Film Festival 2019 : une histoire de transmission avec Sol

La tournée des avant-premières continue avec Sol, le premier long-métrage de Jezabel Marques. Comédie touchante, le film raconte l’histoire d’une femme, qui à défaut d’avoir su comment être une mère, essaye de devenir grand-mère.

Sol diminutif de Solange, Sol la note, Sol l’histoire d’une célèbre interprète de tango qui cache une blessure dont elle ne s’est jamais remise : la perte de son fils, Raphaël, avec qui tous les liens avaient été rompus. Elle est revenue à Paris dans l’espoir de rencontrer son petit-fils de 7 ans, Jo et sa belle-fille, Eva (Camille Chamoux) qu’elle ne connaît pas. En ne révélant pas sa véritable identité, Solange (Chantal Lauby) cherche à s’imposer, désireuse de reprendre sa place de grand-mère, quitte à mentir à sa propre famille. D’abord sur la défensive, Eva va apprivoiser cette chanteuse de tango avant la révélation d’un événement qui la troublera….

La métaphore du tango

La réalisatrice a découvert le tango a travers une chanson que lui chantait sa grand-mère, Fumando Espero de Sara Montiel. Représentant à la fois la douceur et la force, le tango est une danse passionnelle qui dirige les personnages tout au long du film. Dans la danse, il y a toujours une forme de séduction, un laisser aller où l’un des partenaires doit de se laisser totalement guider par l’autre. Le film illustre comment le personnage d’Eva va petit à petit se laisser emporter par la fantaisie de Sol, diva dans l’âme. Représentant également la nostalgie, le tango évoque la solitude des deux femmes qui ont perdu un homme qu’elles aiment et qui doivent aller dans la même direction dans l’intérêt de Jo.«La relation de Solange avec sa propre culpabilité est un tango également », explique Jezabel Marques. La caméra danse alors aussi avec les protagonistes, une manière de réinventer la circulation des personnages dans ce huis clos attendrissant.

Pour le film, Chantal Lauby a pris des cours de tango, danse qu’elle avait l’habitude de pratiquer avec son père sans jamais réussir à en intégrer la posture et le cadre, essentiels à la technique. Le cadre, c’est aussi celui que se fixe Eva: trop occupée, elle se coupe de tout pour ne pas continuer à vivre. «Pour Eva, vivre c’est en quelque sorte tromper son mari », rappelle la réalisatrice.

Chantal Lauby, Jézabel Marques, et Camille Chamoux. Crédit photo: Maxime Laurent

Une comédie réussie

Une comédie légère qui alimente un thème plus grave, les ruptures familiales, voici la recette de Jezabel Marquès pour l’un de ses premiers films en tant que réalisatrice. L’aspect comique de ce film est bien nourri par Chantal Lauby, alors que Camille Chamoux interprète un rôle plus grave, celui d’une mère stricte qui déteste le contact physique. Ce duo, Camille Chamoux l’a bien appréhendé: «il faudrait être psychopathe pour ne pas bien s’entendre avec Chantal Lauby. » Peu cadrée, elle a dû “se recadrer”: «on lit en moi comme dans un livre ouvert. J’ai dû gommer certaines de mes expressions, comme me l’a souvent répété Jez’ [Jezabel Marques, la réalisatrice] ».

Cette comédie évoque néanmoins un sujet plus sérieux, où le film monte en intensité au sein de la famille. “J’aime raconter les histoires humaines et leurs transmissions”, déclare Jezabel Marques. Le contact physique montre aussi l’étendue et l’évolution de la relation, conflictuelle au début, attendrissante à la fin, entre Solange et Eva.

 

Thibault Linard et Flavie Kazmierczak

 

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