Arras Film Festival 2019 : Peur dans les Sixties, cinéma du gore et du glamour

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L’épouvante dans les années 1960, un cinéma entre remake et innovation

« Le cinéma d’horreur est un cinéma de la subversion » lance enthousiasmée Julie Assouly. Cette universitaire en civilisation américaine est l’animatrice de cette table ronde sur La peur dans les Sixties. Autour de la petite table du festival du film d’Arras sont présents deux spécialistes : Mélanie Boissonneau, docteure en cinéma et Gilles Menegaldo, professeur de cinéma. Pendant presque deux heures les trois passionnés échangent sur la résurgence du cinéma d’horreur des années 1960 et son impact sur le septième art aujourd’hui.

Renaissance du genre, renouveau des thèmes

La conférence met à l’honneur huit films d’épouvante, diffusés tout au long de la semaine. Qu’elles traitent de créatures monstrueuses ou de tueurs au sang froid, ces œuvres ont toutes participé à la réémergence du film d’horreur dans les années 1960. Suite à des changements sociaux et politique le public montre un attrait nouveau pour le genre. La recrudescence de la censure, l’assouplissement de la morale et la remise en cause du patriarcat ouvrent de nouvelles portes. « Tout ce qui est interdit dans les années 1930 et 1940 devient possible » s’exclame Gilles Menegaldo. De nombreux classiques cinématographiques de ces décennies sont repris et revisités. On les rend plus sanglants, trash et sexuels pour subvertir les mœurs existantes. Dracula, Prince des Ténèbres de Terence Fisher fait par exemple réémerger la figure du vampire de façon plus sensuelle.

Procédés, personnage et sujets : tout a changé

Le cinéma du genre se réinvite en tout. Dans les sujets abordés, les films questionnent des schémas établis : le danger ne vient plus nécessairement de l’extérieur. Massacre à la tronçonneuse réalisé par Tobe Hooper un peu plus tard en témoigne. Le danger vient de l’intérieur, dans le cercle familial.

On voit apparaître à l’écran de nouveaux personnages féminins plus affranchis et complexes. La « scream queen », victime femme qui fuit un monstre masculin en criant est complétée par la figure de la femme fatale. Cette femme est affirmée et dangereuse. Elle joue et jouit de sa féminité.

De nouveaux procédés d’épouvante s’établissent, où la musique prend une grande place. Le « jump scare », musique ponctuant un plan pour surprendre le spectateur et l’anacousmatisme, « des sons sans origines » explique Julie Assouly (porte qui claque hors-champ etc.) construisent maintenant l’angoisse.

Les sixties, pierre angulaire du cinéma d’aujourd’hui

Malgré son mépris à l’époque, le cinéma d’épouvante des années 1960 fait office d’exemple aujourd’hui encore. Le genre fait école car il est codifié et peut-être réalisé à petit budget. Les frères Coen, Tim Burton… Nombreux sont les réalisateurs qui s’inspirent de ces classiques de l’horreur. On peut citer, entre autres, la scène sanguinolente du dernier Tarantino, Once upon a time in Hollywood qui fait référence au style slasher de l’époque. « L’intérêt pour les films des années 1960 permet de comprendre la culture cinématographique contemporaine » conclue Julie Assouly. 

Donc à vos programmes. Car vous avez encore cinq jours pour une petite frayeur rétro !

 Tiphaine Counali

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