Arras Film Festival 2019 : dans « Un divan à Tunis », « L’humour démine beaucoup de choses »

Manele Labidi, réalisatrice de la comédie Un divan à Tunis, nous emporte avec humour dans la Tunisie actuelle, un Etat de droit en construction après la révolution…

Un-divan-à-Tunis

Golshifteh Farahani dans le film « Un divan à Tunis ». 

Dans la salle, à la fin du film, les remarques du public sont enthousiastes. L’une d’entre elles sonne particulièrement juste : « Je pense que l’humour démine beaucoup de choses, vous avez trouvé la forme juste. » 

Un voyage à Tunis

La comédie de Manele Labidi nous transporte à Tunis. On y arrive avec Selma, la personnage principale. Si vous regardez le film depuis la France, alors vous aurez peut-être les mêmes préjugés qu’elle en retournant dans son pays natal après une jeunesse à Paris. Penser pouvoir rentrer et installer son cabinet de psychanalyse sans demander une quelconque autorisation. Et, finalement, se confronter à la réalité d’un Etat de droit en construction après la révolution tunisienne. 

Oui, il y a des règles à appliquer, des lois à respecter et non, l’administration n’est pas tout à fait fonctionnelle. Selma s’en apercevra rapidement avec la rencontre d’un policier, qui cherche lui-même la juste place entre sentiments et rigueur qu’il se doit d’avoir pour  participer à la fondation de la jeune démocratie.

Sous les rires, des problématiques bien réelles

On s’attache également à la construction d’une femme, à la poursuite d’un chez-soi où l’on se sent bien, entre terre d’accueil et terre d’origine. D’ailleurs, la dualité des individus est constamment représentée dans le film, aidée de subtiles métaphores imagées. Il permet de porter un double regard sur la réalité que vivent les individus. Car malgré l’apparence joyeuse et souvent haute en couleur des personnages, on discerne une mélancolie propre à chacun.

Mélancolie qui en dit long sur les tabous d’une société, de la religion. La difficulté à parler de problèmes humains tels que l’alcoolémie, qui révèle dans le film bien plus qu’une addiction triviale, ou encore celle d’assumer sa sexualité dans une société qui n’échappe  pas au vent de libéralisation des moeurs. On y questionne également l’image de la femme, lorsque Selma, exerçant sa profession dans l’intimité de son cabinet ou de sa Peugeot 404, est spontanément suspectée de prostitution. 

Sous une apparence légère, et tout en passant un moment d’humour, Manele Labidi soulève de nombreuses problématiques, certaines propres à la Tunisie et aux jeunes démocraties, et d’autres plus globales et universelles.

Mais finalement, c’est surtout une comédie que nous regardons, et comme l’a énoncé une spectatrice, « L’humour n’est pas une chose facile à partager, mais dans votre film, c’est très réussi ».

Axelle Auvray (AESJ)

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