Arras Film Festival 2021 : Dans les yeux de Tammy Faye, une rétrospective du télévangélisme américain

Réalisé par Michael Showalter, ce film américo-canadien retrace l’ascension et le déclin du couple de Jim et Tammy Faye Bakker, stars du petit écran dans les années 70.

Dans le milieu catholique évangélique des années 70, deux personnes se démarquent et donnent de la voix pour diffuser leurs convictions. Jim Bakker et Tammy Faye, un couple de prêcheurs itinérants, vont de succès en succès grâce à leurs shows télévisés religieux pour les enfants, puis pour les grands. L’épouse, jouée par Jessica Chastain, est chanteuse-animatrice tandis que le mari, joué par Andrew Garfield, est présentateur. Le succès ne leur amène pas que fortune et prospérité puisque, dans les années 80 et 90, personnages principaux subissent une véritable descente aux enfers. Entre fraudes, infidélités et dettes, les soucis financiers et le divorce auront raison de leur foi.

Ce drame révèle la popularité des mises en scènes télévisuelles religieuses au sein de l’Amérique de Reagan. Très bien mené, on ne trouve aucune lourdeur dans la chronologie de cette biographie. Les acteurs sont méconnaissables en ce qu’ils sont grimés en caricatures : leurs voix nasillardes et leurs grosses joues, en passant par leurs manières candides, les font appartenir au cliché des prêcheurs haut-en-couleurs et dramatiques, qui ont appelé toute l’Amérique aux dons au cours des années 70 et 80.

Les plans sont vifs, les couleurs sont étincelantes, le casting est sensationnel … En bref, le film est fluide, extravagant et pousse le spectateur à s’interroger quant à l’importance de la religion catholique au sein des foyers américains à la fin du XXème siècle. Comme le dépeint le film, cette confession envahit les télévisions et elle devient pop car rythmée par des chansons telles que My God Is Real ou The Sun Will Shine Again, tubes chantés par Tammy Faye.

Cette dernière émeut le public par sa naïveté, sa bonté et sa foi : ces trois qualités s’expriment dans une scène en particulier, au cours de laquelle la présentatrice interview un malade du SIDA. Son visage trop maquillée est alors déformé par les rides de consternation et les larmes, ce qui lui vaudra de nombreuses moqueries.

On ressort de ce film légers, heureux d’en avoir appris plus sur un pan peu connu de la société étasunienne, et effarés par les scandales dans lesquels finissent parfois les stars du show-business.

A voir en salle le 2 février 2022.

Garance CAILLIET


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